On entend partout qu'il faut adapter son CV à chaque offre. C'est vrai. Mais la frontière entre adapter et embellir est plus fine qu'on ne le pense, et la franchir coûte cher.
Pourquoi la frontière compte
Un recruteur qui relève une compétence inventée, un diplôme gonflé ou un chiffre qu'on ne sait pas expliquer ne se contente pas d'écarter la ligne. Il doute de tout le reste. Et c'est en entretien que cela arrive, au pire moment, quand on te demande de raconter précisément ce que tu as écrit.
C'est pour cela que Prizm s'interdit d'ajouter quoi que ce soit qui ne figure pas déjà dans tes documents. Ce n'est pas de la prudence excessive : c'est ce qui rend un CV adapté défendable face à quelqu'un qui le lit attentivement.
Ce que tu peux changer pour chaque offre
- Le titre en tête du CV. C'est la première chose lue. Le rapprocher de l'intitulé du poste visé, tant qu'il décrit honnêtement ce que tu fais, change beaucoup la lecture.
- L'accroche. Les deux ou trois phrases qui te présentent peuvent mettre en avant ce qui compte pour cette offre-là, parmi ce que tu as réellement fait.
- L'ordre et la sélection de tes compétences. Mettre en premier celles que l'offre demande, retirer celles qui n'ont rien à y faire.
- La place donnée à chaque expérience. Développer celle qui parle le plus au poste, résumer celle qui lui parle peu.
- Les mots employés. Si l'offre appelle « relation client » ce que tu appelles « suivi des comptes », tu peux reprendre son mot, à condition de décrire le même travail.
Ce que tu ne touches jamais
- Tes employeurs, tes intitulés de poste réels et tes dates. Ils se vérifient en un appel.
- Tes diplômes et certifications. Un diplôme en cours reste en cours.
- Tes chiffres. Un résultat se raconte en entretien : si tu ne peux pas dire d'où il vient, il n'a rien à faire sur ton CV.
- Une compétence que tu n'as pas. Même si l'offre la demande, et surtout si elle la demande.
Le test simple
Avant d'envoyer un CV adapté, relis chaque ligne en te demandant : pourrais-je en parler cinq minutes en entretien, avec des exemples ? Si oui, la ligne est à sa place. Si tu hésites, c'est qu'elle dit plus que ce que tu as vécu.
Et quand il te manque quelque chose
Il arrive qu'une offre te plaise malgré un manque réel. Plutôt que de le masquer, montre ce qui le compense : une expérience proche, une formation en cours, un résultat obtenu dans un contexte voisin. Un manque assumé et compensé se défend. Un manque caché se découvre, et il se retourne contre toi.